ACTUELLEMENT

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CARLOS KUSNIR
Exposition personnelle

10 mars — 3 juin 2018
Vernissage le samedi 10 mars de 18h à 22h

4ème étage - Panorama
Friche la Belle de Mai
41, rue Jobin
13003 Marseille

Commissariat : Céline Kopp et Pascal Neveux

Une proposition conjointe du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Triangle France, en partenariat avec la Friche la Belle de Mai, dans le cadre de MP2018 Quel Amour!

Avec le soutien de la FNAGP - Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques.

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Carlos Kusnir, Sans titre, 2014, Collection Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur. © ADAGP, Paris, 2018. Photo : JC Lett.

Cette exposition, une collaboration inédite entre le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur et Triangle France à la Friche la Belle de Mai, se déploie sur deux lieux et propose un regard non chronologique sur la pratique de l’artiste en alliant une sélection d’œuvres importantes à de nouvelles productions.

Le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur et Triangle France s’associent pour la première fois afin de présenter une exposition majeure de l’artiste Carlos Kusnir.

Se déployant exceptionnellement en deux lieux, cette exposition monographique offre aux visiteurs un parcours original à travers plus de trente ans de création. Elle propose un regard non chronologique sur la pratique de l’artiste en alliant une sélection d’œuvres importantes à de nouvelles productions, dans une composition spécifiquement conçue pour les deux grands plateaux du Frac et du Panorama de la Friche le Belle de Mai.

Né en Argentine, vivant et travaillant à Marseille et Paris, Carlos Kusnir développe depuis le début des années 1980 une œuvre singulière qui repousse non sans jubilation et espièglerie les enjeux formels de la peinture. Son travail est à l’image de sa personnalité, finement ciselé de fantaisie et de rigueur, de maladresse et de virtuosité, d’assurance et de fragilité. Relevant en apparence d’un bricolage précaire, la mise en espace de ses œuvres souvent accompagnées d’éléments sonores se donnent à voir en livrant aux spectateurs la structure même de ses travaux. Avec irrévérence, il se confronte aux techniques de l’imprimerie et procède par collage et assemblages pour amener ses compositions au-delà des surfaces, jusqu’à un espace tridimensionnel et sonore, imprégné de tendresse, d’humour, de rigueur et d’évocations de souvenirs personnels et collectifs issus du quotidien, de la grande et de la petite histoire. Il réalise des tableaux où la peinture joue à s’émanciper de tout ce qui tente de la définir et la cadrer : son support, ses formes, ses matériaux, et ses représentations. Son parcours artistique et son œuvre frappent par leur grande liberté et sont marqués par une capacité de réinvention permanente. A travers cette exposition ambitieuse qui porte son nom comme unique manifeste, Carlos Kusnir démontre sa capacité à se remettre en cause sans jamais laisser place à la facilité et à la superficialité.

Les œuvres réunies à Marseille se présentent comme les éléments, ou les personnages, d’un univers fait de superpositions, de mise en relations, de couches de couleur successives, de répétitions de motifs et de gestes. L’importance des procédés d’impression s’y révèle, notamment celui de la lithographie, bien que repoussée à la marge de la pratique picturale de l’artiste pendant des décennies. La répétition, c’est celle des motifs et des gestes de l’imprimeur, et celle pratiquée par les musiciens. Carlos Kusnir pense et réalise une peinture où le labeur disparait derrière la fraicheur de propositions incisives. Les choses sont vivantes et se rejouent. Elles s’arrêtent, parfois, le temps d’un café ou d’une pause sur une chaise. Et elles reprennent. La musique, quant à elle émane littéralement des œuvres comme une couche de couleur supplémentaire qui accompagne le regard. Chez Carlos Kusnir, la répétition et le rythme conduisent la figuration vers l’abstraction. Les objets figurés deviennent prétextes et se diffusent dans un ensemble faisant apparaitre ce qui relie, les silences, les accidents heureux, les chocs et les harmonies.

Les œuvres apparaissent souvent en équilibre, comme fraichement posées là. Peinture, bois, objets, papier…les assemblages et les contacts sont fragiles et célèbrent l’impermanence des choses, un seul détail ou un petit objet pouvant faire basculer l’ensemble. La versatilité des expressions et des affects qui se créent dans les frottements et les instants de grâce proposés par Carlos Kusnir nous rappelle que tout est vanité. Et quelque soit l’ampleur de leurs proportions, le rapport au corps qu’entretiennent les œuvres est direct, proche de celui d’une feuille de papier que l’on manipule et tourne pour la regarder et la mettre de coté au sortir de la presse. Elles ne veulent pas être laissées là. Elles affirment leur mouvement. Elles revendiquent leur présence. Dans cette exposition, elles manifestent littéralement leur existence. Brandies sur leurs supports, revendiquant leur droit à l’espace et au temps, parfois de travers et peu importe les échelles et le sens. Elles sont là ensemble, et posent des questions, comme une foule en procession, une cacophonie silencieuse à la fragilité élégante. Toujours en quête de nouvelles mélodies picturales, préférant les contre-allées aux portes-voix, Carlos Kusnir n’a de cesse de brouiller les pistes pour tracer sa voie et nous donner à voir une œuvre en perpétuel mouvement.

Céline Kopp et Pascal Neveux, Marseille, février 2018



Carlos Kusnir, Je suis au café, 1989, Collection Fondation Cartier pour l'art contemporain. © Carlos Kusnir



Carlos Kusnir, Prestissimo, 1989, Collection FRAC Auvergne © Carlos Kusnir



Carlos Kusnir, J'aurais voulu être un artiste, 1986, Collection Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur © Adagp Paris, 2018.



Carlos Kusnir, Sans titre, 2003. Collection particulière. ©Carlos Kusnir



Carlos Kusnir, Sans titre (Duo n°1), 2014. Photo : J.-F. Rogeboz. Courtesy de l'artiste et de la galerie