NOS RÉSIDENTS EN 2017

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LES RÉSIDENTS DE SEPTEMBRE À DÉCEMBRE 2017

Maya Beaudry (CA)
Vit et travaille à Vancouver (CA).
mayabeaudry.com

Le travail de Maya Beaudry (née en 1988 à Vancouver) s'articule principalement entre la sculpture et l'installation, explorant le concept d'intériorité dans sa relation à l'architecture ainsi que les relations symbiotiques entre espace mental et espace de vie. Ses recherches récentes s'appuient sur la prévalence architecturale du rectangle comme cadre et à l'expérience corporelle d'espaces géométriques habités comme structures organiques. L'artiste s'intéresse tant à l'acte de construction qu'à l'assouplissement de l'espace construit, les mettant en relation au textile, à la tapisserie et au mobilier, compris comme membranes entre corps et architecture.

Maya Beaudry est diplômée de la Emily Carr University (Vancouver) et du California Institute of the Arts (Los Angeles). En 2016 elle a reçu la bourse Felix Gonzales Torres dans le but de construire un atelier autonome sur une île au large de la Colombie Britannique, première étape d'un projet de résidence d'artiste. Elle est fondatrice de Sunset Terrace, espace d'exposition basé à Vancouver. Elle fut également lauréate du Prix de la Hnatyshyn Foundation pour la création émergente. Elle a participé à de nombreuses expositions incluant : “Period Pieces: A Sunset Terrace Retrospective” à Projet Pangee (Montreal), “Ambivalent Pleasures” à la Vancouver Art Gallery, et “Enter the Fog” à The Rooms, St. John’s, Newfoundland.


Maya Beaudry, vue d'atelier. © Triangle France

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Adam Lewis Jacob (GB)
Vit et travaille à Glasgow (GB)
adamlewisjacob.com

Adam Lewis Jacob développe des situations de création partagée, dans lesquelles il envisage le cinéma comme espace d'abandon de contrôle total, incluant les traces du processus créatif et des performances, au milieu d'un surplus d'objets, d'images et d'informations. Il explore actuellement les intersections entre spiritualisme et anarchisme, à partir desquelles il mélange différents registres cinématographiques, donnant lieu à des rêves conçus comme portail donnant accès à des expériences psychédéliques. Bien que la plupart de ses œuvres prennent la forme d'images en mouvement, l'artiste réalise des installations dans lesquelles il incorpore les objets et matériaux de ses films, comme des objets, du son, incluant objets, son, animation et lumière altérée.

Adam Lewis Jacob a été diplômé en 2015 de la Glasgow School of Art. Au cours de ses études il participa à un échange au Piet Zwart Institute de Rotterdam ainsi qu'au programme de la Moutain School of Arts à Los Angeles. Il a récemment participé aux expositions : Emotional Need, Collective, Edinburgh, ANITPHON, Kochi-Muziris Biennale 2016, India, Double Parrhesia, Catalyst, Belfast and FFWD, Duolon Museum of Contemporary Art, Shanghai. Impliqué dans la scène artistique de Glasgow, il est co-fondateur de Celine, un espace d'exposition, et jusqu'en mai 2017 membre du conseil d'administration de Transmission Gallery.


Adam Lewis Jacob, Wildcat, vidéo

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Anoucha Oler (FR/CH)
Vit et travaille à Bruxelles (BE)
www.anouchkaoler.com

Sa pratique réunit écriture, sculpture et performance au sein de vidéos dont les récits s’articulent souvent autour de la rencontre de personnages et d’un environnement matériel perturbateur. Des objets ou des individus refusent de fonctionner et amènent donc les autres personnages à s’enquérir des conséquences de ce refus de collaboration tacite. Les acteurs s’attachent alors à questionner impétueusement comment, de quoi et de qui sont-ils faits.
Sous-jacent à leurs attitudes frivoles et idiosyncratiques, ces personnages questionnent dans leurs récits spéculatifs la façon dont le pouvoir circule dans le commun, l’espace construit et les répercussions sur la construction de soi. Jusqu’à présent, ces divers enquêteurs ont explorés les affects, le care, la sociabilité et la vie collective.

Anouchka Oler est née en 1988 à Saint Malo. Elle vit aujourd’hui à Bruxelles. Après des études au Piet Zwart Institute de Rotterdam, elle intègre le programme de post-diplôme des Beaux-arts de Lyon en 2014.
Ses expositions personnelles et à deux incluent Out of Place Artefacts, Galería Javier Silva, Valladolid (SP) en collaboration avec Amélie Bouvier - 2016, Thingness ?, Cooper Gallery, Dundee (UK) – 2015, Irma, Wisconsin, Present Works, Milwaukee (USA) - 2015, I Smoked a Cigarette, Wondered About the Colour and Looked at You Once More, AiR-Jakobstad, Pietarsaari (FI) en collaboration avec Marion Jaulin - 2014 et It Is Forbidden To Feed The Sculptures, Kölnischer Kunstverein/OG2, Cologne (DE) – 2013. Depuis 2010, son travail a été montré dans des expositions de groupe à apes&castles, Bruxelles (BE), MOTinternational, Bruxelles (BE), Frac Île de France / Le Plateau, Paris (FR), Le Magasin-CNAC, Grenoble (FR), La Villa Arson, Nice (FR), The Front Gallery, New-Orleans (USA), De Appel, Amsterdam (NL), Tent, Rotterdam (NL), LIVEINYOURHEAD, Geneva (CH).


Anouchka Oler, vue d'atelier. © Triangle France

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LES RÉSIDENTS DE MI-AVRIL À FIN JUILLET 2017

Madison Bycroft (AU)
Vit et travaille à Rotterdam (NL) et à Adelaide Australie
maddog.hotglue.me

Madison Bycroft utilise la video, la performance, la sculpture, le son et le texte dans sa pratique artistique. Elle explore les méthodologies animistes et linguistiques afin d'approcher, de s'habituer, d'invoquer et d'être avec l'inconnu.
Elle s'interresse particulièrement à la frontière ténue entre la parole fermée (réductrice) et la parole ouverte (permissive). Quelles sont les possibilités pratiques qui découlent du langage mystique de l'insaisissable? Comment est-ce que la voie intermédiaire – entre la voie active et passive – peut être réinstaurée dans le discours et l'action, de manière à renforcer l'identité queer du sujet, le rendre pluriel? Comment traduire sans capturer?
Bycroft performe différents moi, et questionne l'idée d'un sujet unique qui serait l'auteur de ses actions, en se rapprochant au contraire d'une prompte multiplicité.

Madison Bycroft (1987) est une artiste née à Adelaide en Australie, et travaille entre sa ville natale et Rotterdam, aux Pays-Bas. Elle est diplomée du Piet Zwart Institute of Fine Arts de Rotterdam, pour lequel elle a bénéficié de la bourse Anne & Gordon Samstag. Depuis 2016, elle co-dirige GHOST, avec Natalia Sorzano et Kari Robertson, une plateforme pour la collaboration et la facilitation.
Les dernières expositions australiennes de Bycroft incluent : CatDog - Greenaway Gallery, Primavera: Young Australian Artists au MCA de Sydney, Synonyms for Savages, The Australian Experimental Art Foundation et It Division - Contemporary Art Centre of South Australia. Ses expositions internationales incluent : Creatures of the Mud - Westfälischer Kunstverein à Münster, Translating Medea, Yellow Brick, Athens, The Blue Grey Wall - Physics room, Christchurch, et une exposition à Microscope Gallery dans le cadre de sa résidence à l'ISCP de Brooklyn, New York.


Madison Bycroft, Separations Inc. TM, 2017, vidéo HD, prod. Triangle France. Courtesy de l'artiste.

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Camille Dumond (FR)
Vit et travaille à Genève (CH)
www.camilledumond.fr

Les projets de Camille Dumond questionnent l’occupation de terrains, et les représentations qui y sont liées. Elle fait de l'inversion une méthode de travail. Ses travaux évoquent à tour de rôle un lieu de travail, un jardin, un parc, une exposition, un bar, un lieu de tournage de film, parfois fictifs, qu'elle interroge à travers la réalisation d'objets ou de récits qui le métamorphosent ou le reproduisent. Elle s'intéresse aux protagonistes des lieux, à l' idéologie visible dans les objets endémiques de ces derniers. Sa pratique regroupe des films, des sculptures, des installations, des évènements. Elle fréquente le champ performatif majoritairement par le prisme de la caméra, et s'intéresse à transformer l’espace d’exposition comme un lieu de vie collectif, à la manière d’un plateau de tournage. Récemment, elle revisite des textes issus du stand-up, pour les lier à un champ théorique et performatif hors du champs du divertissement. Elle vient de terminer son premier court-métrage « People’s Park » (2017), une fiction expérimentale de 9 minutes, dont le scénario prend ses sources lointaines dans la création du parc éponyme en 1969, à Berkeley en Californie. Le film connait plusieurs formats de diffusion, notamment une version longue et une version en boucle.

Née en 1988, Camille Dumond a suivi un cursus à l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Nantes puis à la Haute Ecole d’art et de design de Genève, où elle termine le work.master en 2014. En 2015, elle effectue sa première exposition personnelle à l’espace Quark à Genève (Prix Quark 2015), et participe à l’exposition des Bourses de la ville de Genève au Centre d’art contemporain. Lauréate des Bourses déliées du Fond cantonal (FCAC), elle présente en 2016 l’amorce de son projet « People’s Park » dans l’espace Halle Nord à Genève et publie un livret éponyme. Elle participe également à divers projets et expositions à Marseille (« Labor 0 Labor », Triangle France), Genève (« Motion », « Infinite Lawns »), et à Paris (résidence à Mains d’Oeuvres jusqu’en Mars 2017). Parmi ses projets à venir, se trouvent la série de performances « Firewalk » (Glassbox,Paris), l’installation « Gezi » (Hit, Genève), et la série de cours « Poetic Justice » (dans le cadre de the Cheapest University).


Camille Dumond, F.A.T.T.O.M. - food4less, performance, Exposition « Motion », espace LiveInYourHead, 2016. HEAD - Genève et La Fabrique d’expositions, Montréal

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Liv Schulman (AR)
Vit et travaille à Lyon et Paris (FR)
livschulman.com

Un sens de l’humour grinçant, allié à une analyse acerbe des conventions du langage, constitue le moteur de l’œuvre de l’artiste argentine Liv Schulman. Sous la forme de fictions filmées, de performances théâtrales, ou d’écriture romanesque, Liv Schulman produit des discours logorrhéiques, que profèrent des personnages interchangeables, ectoplasmes ventriloqués par ces monologues désarticulés, qui empruntent aux vocabulaires de l’art, de l’économie libérale, de la théorie critique marxiste ou de la psychothérapie. Fondus les uns dans les autres, ces discours rendus absurdes et délirants produisent une interprétation paranoïaque du monde social, fondé sur l’aliénation des corps, la dévaluation des identités, et l’aporie du désir infini de la quête de signification.
(texte : Les Ateliers de Rennes - Biennale d'Art Contemporain 2016)

Liv Schulman a montré son travail à l’occasion de plusieurs festivals dédiés à la vidéo/performance au Brésil et en Argentine, ainsi qu’au Musée d’Art moderne de Buenos Aires. En 2016, elle était artiste en résidence du post-diplôme de l’Ensba Lyon, de la Galerie de Noisy-le-Sec et du Parc Saint Léger.


Liv Schulman, "Control", 2016. Production : Les Ateliers de Rennes - Biennale d'Art Contemporain 2016.

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LES RÉSIDENTS DE JANVIER À MI-AVRIL 2017

Arthur Eskenazi
Vit et travaille à Paris, FR
arthureskenazi.com

Le travail d’Arthur Eskenazi est multiple et protéiforme, ne s’attachant à aucune discipline particulière mais les considérant toutes comme des territoires aux topographies particulières qu’il s’agirait de traverser.
Performance, danse, théâtre, scénographie, mais aussi vidéo, installation, dessin, écriture ou peinture se représentent comme un grand planisphère aux frontières poreuses et mouvantes en fonction du corps qui les traverse, des situations spécifiques dont il fait l’expérience, et qui ne peuvent se transmettre qu’en en racontant l’histoire. Mais laquelle ?
La question du discours sur l'oeuvre prend alors une place importante dans le rapport ambigu qu’elle entretient entre mensonge et vérité. Mais derrière elle se cache en fait celle des moyens de la production. Si c’est le discours qui permet à l’artiste de travailler (dossiers de subventions, appels à projets, demandes de résidence...) si c’est encore lui qui vient fixer la valeur du travail accompli (puisqu’une oeuvre d’art aujourd’hui ne se juge plus que par la crédibilité des rapports - et que l’artiste invente - que l’objet artistique entretient avec son discours) quelle place reste-t-il pour la transmission de l’expérience artistique, celle qui ne se résume pas en mots, mais en gestes, en temporalité, ou en qualité d’adresse ?
Prendre ce discours comme « pré-texte » à la création d’une forme, à la création d’une expérience qui ne saurait être autre chose que la temporalité nécessaire à l’apparition et à la transmission d’un évènement, historique comme artistique.

Arthur Eskenazi est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2012 puis du Master de recherche ex.e.r.ce du Centre Chorégraphique National de Montpelier en 2015.
En 2012 il monte, en duo avec Jennifer Lauro-Mariani, le projet de danse « IPSE » à l’occasion du concours Danse Elargie du Théâtre de la Ville et du Musée de la Danse (Mention Spéciale du Jury). Fort de cette expérience, « IPSE » se développera par la suite en deux autres versions : en 2013 pour le Festival Petites Formes (D)Cousues au Point Ephémère à Paris, et en 2014 pour le Festival Les Hivernales à Avignon. Parallèlement, il co-écrit cette année là avec Elsa Eskenazi la pièce de théâtre « A la sarbacane » qu’ils mettent en scène, et assiste la metteur en scène Jessica Dalle en tant que dramaturge et scénographe pour la pièce « Walpurg-Tragédie » (Théâtre de la Cité Internationale, décembre 2016).
En 2015, il fonde lors d’une résidence au Pact Zollverein un groupe de recherche pluridisciplinaire franco-allemand dont l’enjeu est de faire travailler ensemble des artistes aux médiums et interrogations différents. Il est régulièrement interprète pour des performances et pièces chorégraphiques.
Son travail plastique fut présenté dans plusieurs expositions collectives en France, en Allemagne et au Japon.


Arthur Eskenazi, ciné-fils, vidéo (4’03), 2016
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Gina Folly
Vit et travaille à Bâle, CH
www.ginafolly.ch

Le travail multimédia de Gina Folly s'articule autour de la sculpture, de la photographie, du dessin, du film et de l'installation. Elle soumet les objets et les symboles à de minimes variations contextuelles et classe de manière critique les promesses que notre besoin de naturel et de productivité engagent en dépit d'un environnement de plus en plus technologique. La domestication et l'imitation de phénomènes naturels joue un rôle majeur pour Folly. Par conséquence, les animaux et les plantes sont présents à plusieurs reprises dans ses œuvres à travers des motifs ou des matériaux et à la recherche d'une confrontation entre les humains et leur environnement naturel. Ces relations et échanges sont soulignés dans la manière dont Folly utilise, altère et mélange les processus de production industriels avec des techniques artisanales ou faites maison.

Gina Folly (née en 1983, Zürich) est diplômée en Master of Art en Beaux-Arts, à Zürich en 2014.
Depuis 2013, elle dirige l'artist-run space Taylor Macklin à Zürich avec Selina Grüter et Michèle Graf (www.taylormacklin.com).
Ses expositions récentes incluent : "Domestic Problems", Almanach, Londres, 2016 ; "New Conditions", Ermes-Ermes, Roma, 2015, "Ströme", avec Mandla Reuter, SALTS, Birsfelden, 2015 ; "L'état parfait", Freymond-Guth Fine Arts, Bâle, 2016 ; "Adrift on a Plastic Island", Galerie Bernhard, Zürich, 2016 ; 13. Triennale Kleinplastik 2016, Fellbach, 2016 ; "Some of my best friends are germs", Le Doc, Paris, 2016 ; "NATURAL INSTINCTS", Les Urbaines 2015, Lausanne ; "Some Gallerists", ML Artspace, The Duck, Berlin, 2015 ; "Summer Group Show" organisé par Matt Moravec et Taylor Trabulus, Germantown, New York, 2015.


Gina Folly, Unfinished business, (Ling Zhi) I - IV,anti-âge chinois, champignon, produit pour l'immortalité, mushroom spawn for immortality, 4 caisses en plastique, dimensions variables, 2016.

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Tiziana La Melia
Vit et travaille à Vancouver, CA
tizianalamelia.com

Tiziana La Melia est une artiste interdisciplinaire travaillant autour de la peinture, d'installation, du cinéma et de l'écriture. À ce jour, son travail a exploré à travers ces différents médiums, la relation entre l'expérience proprioceptive et la manière dont la pensée devient forme; dont le langage digresse; dont les choses deviennent des sujets, les sujets deviennent des choses; dont les traits d'union, la métonymie, les bégaiements et la vase forment une poétique mutante et non linéaire. Son travail est peuplé d'anges, de perdants, de décrocheurs et de célibataires - qui sont préoccupés par le destin, le climat, la santé, le temps, la nourriture, le parfum, l'écriture, la technologie et les animaux de compagnie. Les personnages de l'œuvre évoquent un agencement à la fois fixe et malléable. Les titres et les formes évoquent des structures théâtrales pour parcourir le glissement entre les objets et le langage, en essayant de brouiller la dialectique entre l'utilitaire et le lyrique.

Née en 1982 à Palerme, Italie. Son travail a été exposé, projeté et joué à Los Angeles, New York, Toronto, Stockholm, Nevers, Montréal et Vancouver. Ses écrits ont été publiés dans C Magazine, The Organism for Poetic Research, Pyramid Power, The Capilano Review et Poetry is Dead. Ses activités à venir comprennent une exposition personnelle au 8-11 (Toronto) et Anne Baurrault (Paris). La Melia a reçu le Prix de Peinture RBC en 2014. En 2017, son livre de poésie sera publié par Talon Books (Vancouver).

Tiziana La Melia, Yellow Pages Improv, acier, chaîne métallique, peinture aérosol, manches en cristal, boucles de reliure, magazines découpés, pages d'annuaire, peinture à l'huile, dimensions variables, 2011-2014